Économie

Algérie : Vers une réorganisation de la filière de la pêche.

Posté le 25/06/20

 

Le ministre de la Pêche et des Productions halieutiques, Sid Ahmed Ferroukhi a déclaré mardi souhaiter donner une nouvelle impulsion à son département en réorganisant la filière de la pêche afin de mieux répondre à la demande.

Invité à s’exprimer sur les ondes de la Radio nationale M.Ferroukhi a indiqué vouloir opérer « un changement global de la structuration du secteur, à travers l’adoption d’un mode de gestion intégré, à partir du produit jusqu’au consommateur ».

Prenant l’exemple d’un des poissons les plus prisés par les Algériens, à savoir la sardine, il a estimé qu’il était nécessaire « d’organiser le marché à travers une conciliation entre la demande et la production », afin poursuit-il «  de maîtriser les prix ».

La hausse du prix de la sardine résulte, selon lui, de « l’augmentation des coûts des intrants ou moyens entrant dans l’opération de pêche de ce type de poissons » ainsi que des « coûts d’acquisition des moyens et équipements de pêche tels que le carburant, le filet et chalutiers et autres ».

Le renchérissement des coûts, donc du prix final pour le citoyen, n’est pas pourtant pas la seule explication avancée par le ministre qui pointe aussi du doigt les raisons biologiques comme les « ressources halieutiques limitées ».Cette contrainte a un impact sur le marché qui n’est dès lors « pas suffisamment approvisionné par rapport à la demande », dixit le ministre.

« Si les conditions de travail venaient à être améliorées, le produit sera disponible en abondance lors de sa saison biologique, ce qui créerait un équilibre entre l’offre et la demande et rendrait, ainsi, les prix à la portée des consommateurs », espère-t-il.

S’appuyant sur des études qui indiquent que les ressources halieutiques atteignent les 350 000 tonnes en Algérie, le premier responsable du secteur a admis que l’exploitation maximale, par la flotte des 18 chalutiers, était impossible, « en raison de leur épuisement ». Et d’ajouter : « il importe d’en exploiter un tiers et d’en laisser les deux tiers se reproduire ».

A une question relative à l’aquaculture, Sid Ahmed Ferroukhi a cité les résultats encourageants dans les villes d’El Oued, de Biskra ou de Ouargla « où des espèces visant en eaux douces ont été développées à des prix raisonnables, tels le poisson-chat qui se reproduit dans la région de Djanet à Illizi et d’autres espèces comme la crevette ». 

Il a par ailleurs rappelé que l’Algérie ne disposait que de 30 exploitations aquacoles mais que « l’objectif était d’en réaliser 100 » afin espère-t-il que cela aura « un impact positif sur les prix ». 

Le ministre de la Pêche a conclu son propos en traçant la feuille de route de son secteur : « porter le niveau des productions halieutiques à 166.000 tonnes, créer 30.000 nouveaux emplois et mettre au point un système productif construit avec des moyens et des intrants produits localement ».  

Mansouria Fodeili