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Algérie : Abdelmadjid Tebboune veut basculer vers un nouveau modèle économique.

Posté le 22/07/20

 

Le Président de la république algérienne, Abdelmadjid Tebboune a déclaré dimanche soir lors de sa désormais traditionnelle rencontre avec certains médias que l’Algérie disposait de suffisamment de ressources financières pour son mettre en place son plan de relance de l’économie nationale. 

« Les 60 milliards de dollars de réserves de change sont suffisants pour une relance, sachant que d’autres pays sont contraints d’emprunter quelques milliards auprès des institutions internationales », a annoncé d’entrée le Président de la république à la télévision publique.

Contraint de s’adapter à la double crise liée aux conséquences économiques de l’épidémie de la Covid-19 – avec un recul du Produit Intérieur Brut (PIB)l et une baisse des recettes fiscales – et à la chute des cours du pétrole – le Brent étant actuellement autour des 44 dollars -, le chef de l’Etat a estimé que l’essentiel était « dans la gestion » tout en se félicitant des « quelques 25 milliards de dollars de recettes d’hydrocarbures auxquels s’ajoutent 25 milliards de dollars de revenus du secteur de l’agriculture » générés par l’économie nationale. 

A l’instar du secteur agricole qui commence à peser dans le PIB du pays, l’Algérie doit diversifier ses secteurs d’activités en pensant à son après pétrole. L’objectif selon Abdelmadjid Tebboune étant de « mettre fin à la dépendance aux hydrocarbures » et de construire une « nouvelle économie basée sur la création de richesses, la compétitivité et l’innovation ».

Et d’ajouter : « Les changements économiques seront officiellement annoncés durant la réunion d’août (ndlr, le 16 et 17 août) et nous entamerons leur mise en œuvre directement ». 

Ces future réformes pourraient ainsi  être concrétisées « durant le présent mandat comme elles pourraient être achevées par le prochain président », espère-t-il. 

En attendant les annonces du mois d’août, le locataire d’El Mouradia a d’ores et déjà fait savoir qu’il comptait réduire « à 20% la contribution des hydrocarbures » à l’économie nationale, à horizon 2021, tout en allant vers « l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs ». 

Cette réorientation économique devrait ainsi assurer « un rôle central » aux petites et moyennes entreprises ainsi qu’aux micro-entreprises et aux startups qui, selon lui, sont « génératrices d’emplois » . 

Avec le développement de l’agriculture, l’exploitation des ressources naturelles du pays devrait aussi s’accélérer avec le lancement prochain des chantiers des mines de fer de Ghar-Djebilet (wilaya de Tindouf) et de zinc d’Oued Amizour (wilaya de Béjaïa). 

Deux projets importants car il est « impératif de générer de la valeur ajoutée » en explorant « toutes les terres, y compris les terres qui renferment des minéraux rares, aux fins d’amortir le recul des recettes de l’Etat », avait insisté M.Tebboune, il y à quelques semaines.

Cette nouvelle donne économique devrait en outre s’appuyer sur  plusieurs pays amis « économiquement solides » et qui pourraient « accompagner les Algériens ».

L’avantage de cette stratégie étant d’éviter « de recourir à l’endettement extérieur ou au financement non conventionnel », a conclu le président de la république.

Mansouria Fodeili